Un cri du coeur

Sommes-nous collectivement en train de devenir fous?

Sommes-nous en train de créer une société de plus en plus violente?

Sommes-nous en train de créer une société composée de plus en plus de gens dépressifs et suicidaires?

« ET SI se demander d’être parfait (ne jamais faire d’erreurs était l’ingrédient par excellence pour vivre  un enfer sur terre! »

Mon expérience :

A force de vouloir vivre la paix, j’ai fait pire : j’ai fait la guerre contre la guerre. J’ai éduqué mes enfants avec cet état d’esprit. Mais quelles en sont les conséquences? Mais quel dérapage!  Je me sens « dévastée », avec un sentiment de culpabilité énorme.  Je suis un monstre!!!!!

 Tel est le dialogue intérieur issu de la mission que je m’étais donnée d’être parfaitement « non-violente ». En vérité, la guerre est en moi lorsque je m’insulte ainsi. Croire que «  je suis un monstre » est un jugement parfaitement violent. Une violence  beaucoup plus subtile, plus tordue psychologiquement d’autant plus qu’elle était bien enfouie dans l’inconscient. Et pourtant, la paix, l’amour ne sont-ils pas  un état d’être  hors du jugement de valeur envers soi et envers les autres?

Le meilleur moyen de maintenir la guerre dans le monde est de vouloir la paix dans le monde extérieur. Tout ce à quoi que l’on résiste, persiste.

Être parfait ! Ce qui sous-entend : ne jamais faire d’erreur et ne jamais aboutir à l’échec.

D’où vient cette demande de perfection?

Petite, j’avais l’impression que je ne faisais jamais rien de correct. Mes erreurs, mes échecs ciblés par mon père me prouvaient que j’étais une MAUVAISE personne. Plus encore que j’étais un monstre! Il exprimait ses reproches avec tellement de hargne. Chaque fois que je me trompais, j’étais PUNIE de manière démesurée et souvent même HUMILIÉE. J’avais HONTE et je me sentais coupable d’être ce que j’étais, voire même d’exister telle que j’étais. Selon mon père, mes actions, mes pensées, mes paroles étaient régulièrement incohérentes. LE DRAME est que toutes les cellules de mon corps ont cru ce qu’il me disait ! J’ai cru que j’étais stupide, méchante, coupable du malheur que je lui faisais vivre. Un jour, j’ai décidé que je me revaloriserais en m’assurant que mes paroles et mes actes seraient parfaits ! Pour cela, j’ai dû développer une hyper sensibilité pour saisir ce que les autres attendaient de moi. Je ne serais plus un monstre à leurs yeux. Je deviendrais celle qui les « sauve »  de leurs « manques » et peut-être qu’à ce moment-là, reconnaîtrait-il ma valeur et m’aimerais-il ?

L’école renforçait ma croyance. Chaque erreur d’apprentissage me prouvait, jour après jour, le monstre que je croyais « être ». Ensuite, ce fut mon métier où il n’y avait pas de place à la moindre erreur. Que ce soit à l’école, à mon travail ou dans la société, mes actions ont été critiquées, jugées et condamnées. Je recevais peu de gratitude pour mes bons coups. Et quand j’en recevais, cela me plongeais encore plus dans ma certitude que « être parfaite » était la voie à suivre, « enfin, ça prouvait ma valeur » et j’étais aimée. Et c’est en étant aimée de l’extérieur que je croyais que j’arriverais à vivre l’amour tant voulu.

Mon but « inconscient » : vouloir être PARFAITE pour prouver MA VALEUR, pour être aimée, pour être vue et reconnue en étant non-violente, une gentille fille.

L’enfer ! Dans le fond, malgré les apparences, je n’ai jamais eu CONFIANCE en moi, en l’autre ET en la Vie ! Je vivais ma vie comme une bataille sans fin où je perdais tout le temps.

Sans le savoir, je projetais à l’extérieur ma demande de perfection et je me suis mise à demander à mes relations d’être aussi parfaite que moi. D’abord, mes parents : leurs erreurs ont eu des conséquences sur moi. Une autre fois, ce fut un professeur, une amie, un médecin, j’ai cru en eux,  pour apprendre tôt ou tard qu’ils ont menti. Je me suis sentie bafouée, trahie et je les ai reniés. Et c’était reparti. Mon discours intérieur ressemblait à : « Je ne vaux rien! Comment ai-pu manquer autant de discernement pour avoir cru en eux?  Quelle horreur ! Et encore une fois la perte de confiance en moi et en l’autre. »

Chaque fois que j’ai cru bien faire pour aider l’autre et que je m’apercevais que je m’étais trompée, l’autre m’en voulait, et je perdais sa confiance, son amitié, etc. Alors,  je me jugeais et je me condamnais.

Cette folie continuait  dans tous les aspects du quotidien. Si j’avais un problème, par exemple, avec mon auto, je choisissais en principe quelqu’un d’expert dans le domaine. Il n’avait pas le droit de se tromper, puisque je le payais pour ça! Et si par malheur, il se trompait….ho lala…. Tout est noir ou blanc. «Il se trompe, je le renie. »  « Il est parfait, je l’aime » : reflet exact de ce que je pensais de moi intérieurement. Je faisais vivre l’enfer aux autres. Je suis autant exigeante envers les autres qu’envers moi-même. L’extérieur étant le reflet exact de mon intérieur.

La peur de se tromper, la peur de l’échec paralyse mon esprit. La vie intérieure est un ENFER SUR TERRE. Je (me) fais des reproches, je (me) critique, je (me) juge, je (me) condamne, etc.

Faire des erreurs démontre que je ne réussis pas ma vie. Je perds le sens de ma vie et je n’arrive jamais à vraiment trouver ma place tellement je ne me donne pas le droit de me tromper. Vaut mieux alors de rien faire. Je préfère RÊVER ma vie, l’imaginer mais surtout ne rien faire, des erreurs, c’est très grave.

IMAGINER !

Imaginer si notre culture VALORISAIT l’ECHEC!

Imaginer si notre culture avait une vision positive de l’erreur!

Imaginer si l’erreur était vue non pas comme un échec mais comme une information précieuse, une alliée pour les apprentissages!

Imaginer si tous et chacun s’entraidaient à développer son discernement pour apprendre à mieux vivre ensemble, à aimer.

ET SI la confiance NE DÉPENDAIT PAS DES ERREURS commises par tout un chacun? Mais plutôt de sa capacité à rebondir, à s’adapter, à apprendre de celles-ci, à avoir confiance que moi et l’autre avons la force de corriger et de construire à partir de nos échecs. Et si la justice réparatrice faisait partie de nos mœurs?

D’ailleur, les dernières recherches en neuroscience nous montrent que le cerveau apprend grâce à l’erreur.

« Le cerveau fait en permanence des prédictions. Ces prédictions sont issues d’hypothèses à propos de l’état du monde, lesquelles ont été progressivement affinées sur la base de précédentes observations et expériences. La différence entre la prédiction et l’observation est  un signal d’apprentissage et ouvre la porte à une actualisation qui permet d’accroître progressivement l’adéquation entre les prédictions et les observations qui proviennent de l’environnement. » Un cerveau performant est un cerveau qui fait des erreurs. L’apprentissage repose donc sur des écarts aux attentes. Un cerveau qui ne commet aucune erreur de prédiction n’apprend pas. Ainsi, l’erreur a toute sa place dans les processus d’apprentissage. Source : Les neurosciences en éducation de Hippolyte Gros (éditions Retz). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

N’est-ce pas comme cela que les méthodes scientifiques fonctionnent? En recherche, l’échec est courant. L’échec est le chemin vers la connaissance. Alors, imaginer que tout un chacun devenait un chercheur de la connaissance de soi en étant son propre laboratoire et osait faire des expériences qui nécessairement comporteraient son lot d’échecs. Sachant profondément que ces échecs sont un pas de plus vers la connaissance plus claire de qui nous sommes vraiment. Imaginer si on élevait nos enfants avec cette vision.

SAVIEZ-VOUS QUE :

Au début du 19ieme siecle, le Dr Thorndike a été un pionnier non seulement en matière de comportement et d’étude de l’apprentissage, mais également en utilisant des animaux dans des expériences cliniques.  Thorndike utilisait principalement des chats dans ses boîtes de puzzle. Il a démontré que les chats pouvaient apprendre par essais et erreurs. Il a répété ces expériences sur d’autres animaux avec le même constat.

On sait depuis plus de 100 ans que les animaux fonctionnent naturellement comme ça! Il est peut-être temps de remettre les pendules à l’heure!

Oui, je me suis trompée, oui mes parents se sont trompés, oui mon amie s’est trompée, oui mon frère, ma sœur, mes enfants…

BRAVO BRAVO BRAVO !

La vie est un long processus d’apprentissages « à aimer. »

La réalité est que la vie est un terrain pour incarner l’amour que nous sommes.

À partir de maintenant, MERCI à mes échecs pour les belles intégrations d’amour de soi et de l’autre. MERCI à la CNV de m’avoir permis d’accéder à cette vision du monde.

À partir de maintenant, je me fais confiance. J’ai confiance malgré toutes nos limites respectives et à notre capacité de dire OUI à notre parfaite imperfection.

 

A propos balthazardmaried

L'autre...c,est moi
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