Savoir refuser

Quand je dis NON à l’autre, je me dis OUI à moi-même.

Apprendre à refuser sans se sentir coupable ou sans avoir peur d’être rejetée, abandonnée ou pas aimée est la base de l’autonomie et de la liberté. Plusieurs d’entre nous éprouvons de réelles difficultés à dire non, car souvent le refus blesse. Nous avons souvent peur des conséquences de nos refus. Nous avons effectivement en mémoire plusieurs expériences où nous nous sommes senties rejetées lorsque nous n’acceptions pas d’accorder ce qui nous était demandé. Un obstacle non négligeable est de craindre d’être vue comme une égoïste ou comme une personne avec un sale caractère.

De plus, il est encore aujourd’hui fort probable que l’autre soit en colère contre nous si je refuse sa demande. Plutôt que de dire non, souvent nous dénigrons, repoussons, contrarions, contrecarrons, humilions l’autre si nous avons tendance à être un « persécuteur ». Et souvent nous fuyons, dérobons, taisons, cachons, mentons ou dénions si nous avons tendance à être « persécutée  ou victime». Évidemment, nous utilisons ces réactions selon les situations.

Nous n’avons pas appris à recevoir un refus et à nous occuper de nos besoins. C’est souvent plus facile de se déresponsabiliser, et de mettre la faute de nos insatisfactions sur le dos des autres. Puisque nous même réagissons face au refus de l’autre, il est facile de penser que dire NON fera réagir l’autre.

Savoir exprimer son désaccord à son patron, aux membres de sa famille, Apprendre à refuser, à s’affirmer, à décommander, à reporter, à décliner est un apprentissage grandiose en soi. Cela comporte un nombreux lâcher prise et l’exploration de nombreux blocages. La peur du rejet est alors l’émotion désagréable la plus répandue.

Savoir dire non implique être obligé de s’expliquer, de négocier et peut-être obligé d’admettre de changer de point de vue. C’est aussi s’exposer à des critiques et à des rancunes. Se sont tous les jeux de l’orgueil afin de nous maintenir dans la paresse, dans le statue qua, au lieu d’oser d’être vraiment soi-même.

Nous devons apprendre à dire non :

         Aux conformistes qui nie la différence. Quand c’est contre ses principes.

         Aux  jugements que les autres portent sur nous.

         À une personne qui propose une relation de pouvoir, que l’autre insiste trop et met de la pression.

         À la satisfaction systématique du désir de l’autre sans se respecter.

         À la culpabilité, l’agressivité qui  est signe de immaturité.

         Aux pensées, aux sentiments, aux besoins que l’autre croit que j’ai et qu’en réalité, je n’ai pas!

         Aux jeux de la victime et du bourreau

         Quand je me sens mal à l’aise, que je n’ai pas confiance, que j’ai des doutes ou quand je n’y crois pas.

         Quand c’est au dessus de mes moyens

 

Les 3 NON


1- Le NON d’affirmation:  NON aux sentiments que les autres croient que

j’ai ou que je dois avoir.

EX: « NON, je n’ai pas les mêmes sentiments que toi pour ta mère; moi, je l’apprécie pour sa rigueur ». C’est net et sans confusion possible.

2- Le NON d’opposition: NON aux actes que l’on me demande d’accomplir, ou lorsque je refuse une proposition ou une demande.

EX: « T’ennuierait-il de me conduire à la gare? ». « NON, ce n’est vraiment pas possible pour moi aujourd’hui! ».

 

3- le NON d’incertitude:

 C’est-à-dire être partagée entre le oui et le non: parce que je suis divisée entre deux choix:

EX: « J’ai dit OUI pour le resto, et NON pour le cinéma, mais j’ai aussi envie d’y aller ! »

Évidemment, refuser ne vise pas à punir, à priver, donner une leçon à l’autre ou à mettre l’autre en difficulté. Il ne vise pas non plus à s’opposer pour le plaisir de s’opposer. Il n’est pas lié à un sentiment de vengeance. C’est un non qui sert à me différencier de l’autre et à me protéger d’une trop grande emprise, un trop grand pouvoir que je pourrais donner à l’autre. Savoir dire non est  une porte à la négociation afin de tenir compte de soi et de l’autre. C’est aussi savoir confirmer le besoin de l’autre tout en exprimant son désaccord. C’est aussi créer, trouver une solution de remplacement.

 

A propos balthazardmaried

L'autre c'est moi!
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2 commentaires pour Savoir refuser

  1. ollier dit :

    j ai dit non a mon père et depuis je n ai plus de nouvelles de lui, sa femme qui est ma elle mere et non ma belle mere biologique, gere nos relations…
    j ai dit non a mon frere pour le manque de respect et depuis je n ai plus plus de nouvelle de lui car sa femme dirige ses relations suivant ses gouts a elle..
    c est dure mais je me suis videe d un poison qui était a l interieur de moi meme..
    a voir la suite des evenements dans un an, dans des annees plus tard, ou jamais ….

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    • Merci pour ce témoignage. Savoir dire NON , c’est se dire OUI à soi. Bravo de t’avoir choisi. J’ai été coupé de la relation avec mon père pendant 4 ans afin de développer mes habiletés à dire non, à mettre mes limites sans pour autant me couper de la relation. Voir mon témoignage qui s’intitule « je suis ». Une fois ceci bien intégré, j’ai pu réouvrir une porte et mettre mes limites. La relation n’a jamais été plus la même.

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