Lettre à ma collègue de travail

Communiquer autrement avec l’autre et soi même

Je t’écris cette lettre dans le but de clarifier le malaise qui s’est installé entre nous depuis cette conversation que nous avons eue à la suite de la réunion de coordination qui s’est tenue le 15 décembre 2001.

Puisque nous devons travailler dans le même bureau et parfois ensemble, et que de plus, une partie de ton mandat est de superviser la «gestion» de mon horaire et de mes dépenses, je crois qu’il est de notre intérêt commun que nos relations au travail soient agréables et harmonieuses.

 Je dois te dire que les critiques que tu m’as adressées lors de cette conversation entre autre, que j’avais «un ton revendicateur» m’ont beaucoup blessée. Je me suis sentie jugée et de façon injuste. Je te faisais part de mes difficultés à échanger avec Harold sur le projet Datatrace et des problèmes que je rencontrais à cause de son manque de disponibilité; je m’adressais à toi puisque c’est dans ton mandat de recevoir les plaintes ou malaises des employés et je m’adressais à toi aussi parce qu’ Harold était fermé face à ma demande.

 Et j’ai senti qu’au lieu de traiter cette demande de façon neutre, tu as pris le parti de Harold, l’excusant de ses maladresses, me rappelant qu’il travaillait beaucoup et très fort. Tu m’as aussi conseillée d’aller le voir dans le but de clarifier les choses en me mettant en garde «de ne pas parler pendant une heure» alors que nous savons très bien que c’est Harold qui parle et domine les conservations, il est très difficile de placer 2 phrases de suite!!.

Je me suis sentie trahie car je croyais que tu avais un rôle neutre et qu’en allant te parler, je trouverais du soutien ou des outils pour m’aider à solutionner mon problème.

J’ai eu l’impression de ne pas être importante, que ma demande n’était pas légitime et que mes préoccupations et sentiments étaient bien secondaires à ceux d’Harold.

J’avoue que depuis cette rencontre-là, je me sens en colère face à toi. J’ai eu une trêve lors de ton départ l’hiver dernier et je pensais et voulais bien que ce sentiment me quitte, mais bien qu’il se soit amenuisé, il persiste. Par ailleurs, je sens un malaise de ta  part envers moi, je ne sais pas si cela est réel ou le fruit de mon imagination! Je ne sais pas si ma démarche actuelle est la bonne, mais j’ose espérer que cette tentative de communication soit positive autant pour toi que pour moi.

 J’ai besoin de retrouver la paix, que cette colère me quitte, j’ai besoin de me sentir en confiance si j’exprime des difficultés concernant le travail et j’ai besoin d’être respectée lorsque je le fais.  Voudrais-tu me faire part de tes réactions face à cette lettre, et voudrais-tu que nous en parlions?

J’attendrai que tu me fasses signe.

 Cette lettre n’a jamais été envoyée. Voici ce que l’écriture de cette lettre a apporté à son auteur.

«L’écriture de la lettre m’a permise de conscientiser que dans le comportement de Monique, je retrouvais celui de ma mère (passivité, ignorance de mes besoins face à ce que mon père faisait vivre à la famille). J’ai alors pris conscience que la dyade Monique&Harold résonnait, sous certains aspects, comme celle de mes parents. Ça m’a permise de faire le point sur ces deux relations (avec Monique et Harold): Je me retrouvais là-dedans peut-être pour pouvoir décider MAINTENANT ce que je n’ai pu décider lorsque j’avais 0, 1, 2, 3 et 4 ans… De dire NON à ces relations qui ne me nourrissent pas mais qui me grugent et me rendent malheureuse et malade. Devenue adulte, je n’ai pas à subir ce patron abusif (mon père était abusif, car schizophrène et très malade, je suis née au pire de la crise…) et cette superviseure complaisante ou impuissante (ma mère n’était pas complaisante mais très impuissante). En me libérant de cet emploi, je choisissais de ne plus vivre cela, je m’autorisais à dire non, je ne suis pas bien traitée par ces gens, alors je ne reste pas, je m’en vais (donc j’ai quitté mon job, et en fait, j’en ai trouvé un autre avant de quitter donc, je partais pour mieux, je ne me sentais pas perdante mais triomphante).

J’ai décidé de ne pas envoyer la lettre à Monique, car je me suis rendue compte que je ne tenais pas à cette relation. Bien qu’elle soit une personne que j’apprécie pour plusieurs de ses qualités, je réalise qu’elle a peu à m’apporter. Dans la relation amicale que j’ai eue avec elle, je crois que j’étais celle qui mettait plus d’efforts pour entretenir notre relation. Donc, je ne tiens plus à y mettre du temps ou des efforts, car je ne vois pas ce que cela m’apporterait. La lettre m’a aidée à conscientiser ce que je vivais dans cette relation au travail, et je crois que cela m’apporterait rien de plus, si je l’envoyais. Je me trompe peut-être, mais pour l’instant, je suis en paix avec cette décision. Si nos chemins ont à se recroiser, la vie s’en chargera!»

 

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