Je suis

Je SUIS

 …ce qui est dans la forme de Marie Danielle Balthazard, femme de 54 ans. J’incarne plusieurs rôles : fille aînée d’une famille de trois enfants avec une sœur et un frère. J’accompagne un homme de cœur et je suis mère de trois garçons et belle-mère de trois autres garçons. Je pratique le métier de technicienne de laboratoire, intervenante psychosociale,  conseillère en déprogrammation biologique particulièrement la période de la naissance et animatrice de groupe d’étude du tarot introspectif.

Ah! «Maudite souffrance!!!!»

 Combien de fois ais-je voulu ne plus exister!

 D’abord, j’ai cru que je devais éliminer mes émotions désagréables.

Ce sont bien eux qui me font souffrir? NON?

La colère, la tristesse, la peur, la honte, la culpabilité… me font mal, en dedans. Le problème est qu’il m’est impossible de ne pas vivre d’émotion. À moins de m’en couper, mais encore là!?! ça ne marche que très temporairement! Alors, comment  sortir de cette impasse?

Ensuite, j’ai cru que je devais ne plus avoir de besoins, donc plus d’attente, plus de souffrance. Wouak! Mais quelle tristesse!

Combien de temps et d’énergie ai-je consacré pour reconnaître l’importance que l’orgueil a eue dans le passé pour ma survie? Et enfin, comprendre que  l’orgueil est la source principale de ma souffrance. Je suis maintenant profondément convaincue que le mal-être et la mal-a-dit prend source de l’orgueil en action.

Combien de temps et d’énergie ai-je consacré pour justement voir d’un autre œil l’implication de mes émotions dans ma vie? Qui se sont avérées finalement une clé pour aller vers ma paix intérieure! Et sortir du cercle de la souffrance!

Combien de temps et d’énergie ai-je consacré pour voir d’un autre œil le sens de mes besoins fondamentaux? Pour enfin accéder à la joie des désirs spontanés de l’Être.

J’ai dû m’apprivoiser, tranquillement, pas… par… pas…

Évidemment, remettre en question mes réactions, mes comportements, mes pensées et mes désirs n’est pas chose facile pour l’orgueil!

Paradoxalement, moins je le fais, plus je souffre.

Un exemple :

Lorsque j’évoque un mensonge, mon corps réagit immédiatement. Si je suis consciente de cette sensation physique, cela me permet de devenir plus lucide sur ce que je suis en train de faire, à l’instant, c’est-à-dire mentir. J’accueille ce comportement et je me remets en question : pourquoi ai-je  besoin de mentir dans cette circonstance? Si c’est la peur, je me pose la question De quoi ai-je  peur? De quoi ai-je besoin ? Qu’est-ce que je veux vraiment? Comment puis-je être transparente et honnête dans cette circonstance? Et je me mets à l’écoute de la réponse qui viendra à moi. Ce sera cette réponse qui me permettra de combler mes réels besoins et de rétablir la situation, si tel est le cas.

Sans la conscience de la réaction de mon corps, je ne vois pas la peur qui m’envahit, je deviens comme un robot qui exécute un programme. Dans ce cas, je risque de souffrir à différents degrés. Le mensonge a été certainement dans la passé un mécanisme de défense nécessaire pour ma survie, mais plus aujourd’hui.

Maintenant, je ne vois plus l’émotion désagréable comme une souffrance mais plutôt comme un message à entendre. Je ne vois plus l’autre ou les situations qui ont suscité cette émotion comme les sources de mon malheur. Ils m’offrent plutôt l’occasion de libérer ma mémoire de ses scories et de mettre en conscience ce que je veux vraiment. En d’autres mots, de vivre selon la volonté de mon « Être » et non selon la volonté de l’orgueil.

Les émotions bien vécues peuvent m’éclairer sur mes réels désirs, et me donner une nouvelle interprétation d’une situation problématique. Elles peuvent enfin m’indiquer la nouvelle action à poser qui s’avérerait plus juste et plus respectueuse de moi-même et des autres. Mes émotions me servent de guides vers la réalisation de l’Être que je suis.

Autre exemple :

Pour moi, une personne qui démontre une autorité excessive sous-entend qu’elle ne tiendra pas compte de moi et qu’elle n’aura aucune ouverture à la négociation. Avec ce type de personne, j’ai le sentiment que je n’aurai aucune porte de sortie pour combler mes propres besoins.

Lorsque que je me retrouve devant ce type de personne, mon corps se met à trembler, c’est la peur! Lorsque je ne sens pas mon corps, je risque de ne pas  sentir la peur m’envahir subtilement. Alors, un ou plusieurs mécanismes de défenses se mettent en place et dépendamment des circonstances, je risque de devenir délinquante, méchante ou menteuse. Et si je ne reconnais pas non plus mon  ou mes mécanismes de défenses, je nourris l’escalade. Ainsi, je finis par souffrir beaucoup plus que je ne souffre déjà.

J’ai mis aussi du temps à comprendre que la paix ne voulait pas nécessairement dire être confortable (comme dirait l’auteur Thomas D’Ansembourg, du livre Cessez d’être gentil soyez vrai!), que la paix  ne peut pas garantir des solutions ou des réponses immédiates à tous les problèmes. En fait, c’est l’orgueil qui veut cela! La paix intérieure et durable est d’abord et avant tout une question de pratique, d’entraînement, de persévérance et surtout de confiance en la raison d’être de toute expérience désagréable ou agréable. C’est aussi vivre l’instant présent et d’être à l’écoute de ce qui est.

Dans ma vie quotidienne, je constate que je vis souvent dans l’attente d’un projet, d’un idéal, d’un comportement précis de mon compagnon ou de mes enfants. Le matin, je me lève et j’évalue ma journée en termes de joies potentielles ou en termes de répulsions liées à des circonstances précises. Je suis souvent en train de penser au futur. Le matin, je pense à mon après-midi. L’après-midi, je pense au souper et à la soirée. Durant la soirée, je pense au lendemain, à ma fin de semaine, etc. Et je recommence, comme ça, sans fin. Mais, le réel problème n’est pas d’avoir toutes ces attentes, le problème est que l’orgueil est surtout très attaché à  toutes ces attentes. Si ça ne se réalise pas, quand je veux et comme je veux, je souffre énormément. Le plus fou est que lorsque  j’obtiens cette chose, souvent ce n’est pas tout à fait comme je l’avais imaginé, donc je (l’orgueil) m’attarde sur ce qui me manque et j’en souffre encore. Et comble du malheur, si j’obtiens en tout point ce que je veux, soit que la peur de perdre s’installe, soit que je m’en délasse pour devenir en attente de d’autre chose. C’est pourquoi l’orgueil n’est jamais content! J’ai mal! Mes émotions me font souffrir! Et c’est comme ça chaque fois que c’est lui qui mène le bal! Quand l’orgueil va-t-il lâcher prise?

Je suis encore tellement étonnée de me voir mentir (mécanisme de défense) et souvent pour des niaiseries. Je suis très souvent stupéfaite de découvrir les racines de tant de  malentendus qui perturbent ma vie au quotidien. Je suis encore plus étonnée de constater comment l’orgueil est attaché à la souffrance, comment il tire plaisir des tourments, de la compulsion d’en parler ou d’y penser. Les mécanismes de défense inscrit dans mon cerveau depuis ma naissance et même avant sont sources de souffrance inutile et l’orgueil se nourrit de cela. Sans conscience, la vie devient alors mécanique, régie par des automatismes constantes.

Heureusement, je vis souvent des moments ou je me sens véritablement bien, alors qu’il y a 10 ans ils étaient totalement absents. Mais quelle vigilance et quelle détermination faut-il pour qu’à chaque instant j’accueille l’orgueil avec ses mécanismes de défense? Il est toujours, dans un coin, prêt à bondir. Et surtout quelle constance pour ne pas me laisser prendre par lui, me laisser contrôler par lui, l’orgueil qui croit que mes perceptions, mes interprétations, et mes déductions représentent la vérité absolue. En fait, elles sont le reflet de mes conditionnements. Ah! Ce que les gens de mon entourage immédiat sont d’une habileté incroyable pour me retourner à mes doutes, mes insécurités, mes blessures. Mais je sais maintenant que ces situations me  poussent à regarder ce que je veux vraiment et résoudre mes conflits intérieurs.

Il m’a fallu faire confiance à mon intuition qui me chuchotait: change.

C’était même rendu une question de vie ou de mort.

Faire le choix d’être heureux, voilà! Cela ne tombe du ciel. Il y a un effort à faire.

Pour vivre ce changement, j’ai dû endurer le rejet des autres régulièrement, dès que j’osais écouter la voix de l’Être. On m’a jugée, on m’a traitée d’égoïste, on m’a crue membre d’une secte. On a tenté à l’occasion de me dissuader avec des remarques du genre :  » Marie Danielle crois-tu réellement que tu vas changer le monde? Le monde est ce qu’il est, hypocrite, en quête de pouvoir et d’argent ». Comme si j’étais véritablement « folle » de penser et de croire que le monde est aussi amour et honnêteté ! Folle de croire à un changement possible dans les relations humaines en général.

 J’ai vécu une grande période de chaos durant laquelle j’avais l’impression de faire le vide autour de moi. J’ai vécu des séparations avec des personnes très significatives pour moi, le père de mes deux premiers enfants, avec mon propre père durant quatre ans, ainsi qu’avec de nombreux amis aussi. Oui, j’ai vécu une grande période de chaos, où j’ai remis l’ensemble de ma vie en question: ma vie professionnelle, mes liens familiaux, mes valeurs, mes croyances, mes attentes…surtout mes attentes…

 Je cherchais une relation satisfaisante, un travail satisfaisant, une maison satisfaisante et surtout une voie spirituelle satisfaisante pour être enfin en paix et heureuse. Je croyais à cela jusqu’au jour où mon compagnon actuel m’a dit : « Je fais tout mon possible pour t’aimer et répondre à tes besoins, et je ne suis jamais à la hauteur. Alors à quoi sert tout ça? C’est une illusion? ».

Cette phrase m’a permis de reconnaître que personne au monde et aucune situation et aucun projet futur ne me rendra totalement heureuse, ne m’apportera ce que je cherche le plus : la paix et la tranquillité. Et ce fut un grand vide, je lâchais enfin prise sur ce que je croyais être ma vie.

Avec le temps, je développe de plus en plus mes habiletés à reconnaître les jeux subtils de l’orgueil dans mes actions ou mes paroles et aussi reconnaître mes réactions liées à mes conditionnements.

J’apprends à reconnaître ce qui est là, à chaque instant, et à passer à une action juste.

J’apprends à être honnête envers moi-même.

Je m’exerce à développer la conscience de mes états intérieurs. Ainsi, J’observe de plus en plus mes émotions. Dès l’instant où je ressens une contraction émotive désagréable (causée par la peur, la tristesse ou la colère) qui se répercute dans mon corps (mal à l’estomac, mal aux intestins…),  ou dès que je ressens une excitation agréable aussi, je cherche à comprendre mes réels désirs, mes réactions, mes comportements, mes pensées, ce que je veux vraiment.

J’apprends à ne plus m’attacher au quand et comment ces désirs se réaliseront.  Je vis de mieux en mieux le moment présent, sans attache à mon passé et sans attache à mon futur. Depuis, la brume et les nuages se dissipent et le soleil, la paix et la joie se répandent graduellement dans ma vie. La tranquillité durable et constante s’installe peu à peu, indépendamment des aléas de la vie.

Je découvre, à mon grand étonnement, que les grandes joies sont aussi des  sources potentielles de grandes souffrances. Une grande joie est le reflet d’un désir, d’une attente comblée. Le problème est que tôt ou tard, tout fini par finir, alors la souffrance guette. L’orgueil s’accroche à ses attentes, à des plaisirs éphémères de façon obsessive.

Personnellement, je trouve à la fois merveilleux et éprouvant de voir la vie d’un autre œil, de découvrir, de développer mes habiletés à observer ma vie, à sentir ma vie, à me détacher du contrôle de l’orgueil,  à mieux communiquer et à demeurer au cœur de l’instant. Merveilleux pour tout l’amour, la franchise, l’humilité, la volonté, la liberté et enfin la paix que cela m’apporte à moi et à ma famille. Éprouvant à cause de la discipline, le temps d’introspection, l’entraînement, la vigilance et enfin l’engagement face à moi-même que cela exige.

Le vrai sens du mot liberté, c’est la liberté intérieure de pouvoir dire de vrais non et de vrais oui sans avoir peur de ne pas être aimée. Libre de pouvoir demander sans m’attendre à ce que ma demande soit comblée. Libre de donner sans attendre en retour. Libre de recevoir sans me sentir redevable. Libre de pouvoir refuser, sans me sentir coupable du rejet de l’autre et sans avoir peur d’être rejetée par l’autre. En d’autres mots, être libre de l’emprise de tout conditionnement et de l’orgueil afin de pouvoir créer à chaque instant. Libre de tout attachement à un désir, à un projet, à une personne, à mon passé, à mon futur.

Aujourd’hui, l’amour inconditionnel que ma mère me démontre me remplit de joie. Mon père a su me pardonner ce qui a permis une nouvelle relation basée d’avantage sur le respect de chacun, malgré nos différends. La confiance que ma sœur me porte m’a permis de laisser grandir mon estime personnelle. Mes trois garçons qui contribuent également à faire ressurgir les blessures de mon passé et me permettent de m’en libérer. De nouveaux amis m’accompagnent au fil des jours. La consolidation de mes relations avec des amies de longue date enrichit ma vie intérieure. Enfin, ma relation avec cet homme de cœur avec qui j’évolue dans le respect et l’amour. Cette relation m’aide à me guérir de la vie et à toucher à la paix intérieure. Nous vivons pleinement la famille recomposée. Et le rêve d’avoir autour de moi une grande famille avec pleins d’enfants s’est du même coup réalisé puisque mon compagnon est arrivé avec trois garçons. Pour couronner le tout, nous avons consolidé notre union avec l’arrivée de notre dernier-né qui, devinez-le, est encore un garçon ! Il a 16 ans, maintenant.

La biologie totale a su calmer ma grande peur de la maladie. J’ai compris que la maladie est la stratégie que mon ame a trouvé pour satisfaire un besoin fondamentale, pour me donner du temps pour trouver une autre facon de répondre plus adequate à une question que je me pose ( la plupart du temps inconsciemment) et surtout qui contribue à mon évolution spirituel. La mise en pratique des principes des bases de la Biologie Totale et de la Communication Non Violente  contribue grandement à me guérir. Utiliser le tarot introspectif me permet de conscientiser que le monde que je percois est le reflet de mes croyances consciente et inconsciente  ( donc une pratique de retournement vers soi chaque fois que je réagie). Enfin la pratique de rester « au cœur de l’instant présent » (que celui-ci soit agréable ou non) me procure tout ce que j’attendais de la vie depuis toujours:

Une transmutation, une connection à mon essence, une simplicité et une tendresse que je me donne et ensuite je rayonne ce que je suis pour remettre un peu de moi-même aux autres.

Marie Danielle

P.S. Dans mon expérience, mon apprentissage quel qu’il soit passe par la  répétition et s’intègre dans chacune de mes cellules par la pratique constante de ces concepts.

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2 commentaires pour Je suis

  1. sandrine dit :

    Merci pour ce témoignage. Juste magnifique …

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  2. Pierre Arthur Bélanger dit :

    Merci de ta contribution, expression de ton vécu passé et présent. J’admire ton audace et ta force de prendre le risque de te dire à l’Univers telle que tu es et as été et de traduire ta recherche et ta quête. Pierre Arthur

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